Le Japon est la destination où avoir ses propres données change le plus le voyage, et ce n'est pas parce que la couverture est mauvaise. Elle est superbe. C'est parce que le Japon est un pays qu'on navigue plutôt qu'un pays où l'on paresse, et que presque tout dans cette navigation — la correspondance de train, la réservation au restaurant, le panneau illisible — passe par votre téléphone.
La couverture, honnêtement
La couverture mobile japonaise compte parmi les meilleures au monde, et de loin. Tokyo, Osaka, Kyoto, Nagoya, Fukuoka et Sapporo disposent d'une 5G dense. Vous aurez du signal sous terre dans le métro de Tokyo, sur le quai de Shinjuku, et sur la majeure partie du trajet du shinkansen — y compris dans bon nombre de tunnels, ce qui surprend encore les visiteurs venus de pays où un tunnel ferroviaire signifie vingt minutes de néant.
Même les petites villes sont bien couvertes. Takayama, Kanazawa, Nikko, Hakone, Koyasan, les villages-étapes du Nakasendo : tout va bien. Là où cela s'amenuise vraiment, c'est en haute montagne : les sentiers des Alpes japonaises, l'intérieur de Hokkaido, les petites îles du sud et certaines sections reculées du Kumano Kodo. Si votre voyage se résume aux villes et aux trains, considérez que vous êtes connecté en permanence.
Les réseaux auxquels vous vous connecterez
Quatre opérateurs exploitent des réseaux ici : NTT Docomo, qui a la plus large portée rurale, au de KDDI, SoftBank, et le plus récent Rakuten Mobile. À eux deux, Docomo et au couvrent l'essentiel du pays habité. Une eSIM de voyage se connecte au réseau partenaire le plus fort à votre position : vous profitez de l'infrastructure japonaise sans avoir à vous documenter.
Pourquoi le Wi-Fi gratuit n'est pas la solution ici
Le Japon donne l'impression de devoir offrir un Wi-Fi public brillant, et c'est là que les visiteurs se font piéger. Le Wi-Fi des gares et des supérettes existe généralement, mais il exige le plus souvent une inscription avec adresse courriel, une étape de confirmation, et parfois une interface plus simple en japonais. Il expire souvent après un temps donné et vous oblige à tout recommencer. Techniquement gratuit, pratiquement épuisant.
Le Wi-Fi des hôtels japonais est généralement excellent — vraiment rapide, vraiment fiable. Le problème, c'est que le Japon n'est pas une destination où l'on passe beaucoup de temps à l'hôtel. Dès que vous franchissez la porte pour deviner lequel des nombreux quais de la gare de Kyoto vous concerne, vous êtes seul.
Combien de données consommerez-vous vraiment
Prévoyez plus que pour des vacances à la plage. Une semaine au Japon représente généralement 5 à 8 Go pour un voyageur actif, et deux semaines à enchaîner les villes peuvent largement dépasser ce chiffre. La raison est la navigation : les itinéraires de transport de Google Maps sont en pratique un service en direct que l'on consulte des dizaines de fois par jour, et contrairement à une semaine de plage, on s'en sert constamment plutôt que deux fois.
Ajoutez la caméra de traduction pointée sur les menus et les panneaux de gare, gourmande en données d'une manière qu'on n'anticipe pas. Ajoutez les recherches de restaurants, les heures d'ouverture et les petites vérifications constantes qu'impose un pays dont on ne lit pas la signalisation. Ajoutez la sauvegarde de photos si elle est activée. Les forfaits illimités méritent ici une vraie considération, contrairement à une semaine en complexe.
Ce que votre téléphone fera toute la journée
Google Maps transport est l'essentiel. Il vous dit quel train, quel quai, quelle voiture prendre pour la correspondance la plus rapide, et combien de minutes il vous reste. Le rail japonais fonctionne à la minute et l'application est assez précise pour qu'on s'y fie — mais seulement tant qu'elle atteint le réseau.
Si vous ajoutez une carte Suica ou Pasmo au portefeuille de votre téléphone — de loin la façon la plus simple de payer trains, métros, autobus et supérettes — la recharger exige des données. Se retrouver à court de solde devant un portillon sans connexion est un désagrément évitable et très public.
Reste la traduction. Pointer sa caméra sur un menu, un distributeur de billets ou un rayon de pharmacie et le voir s'afficher en français est la fonction qui change le plus la confiance des visiteurs, et elle a besoin d'une connexion pour bien fonctionner.
Comparé au Wi-Fi de poche et aux SIM d'aéroport
Le Japon a bâti toute une industrie autour de la location de routeurs Wi-Fi de poche, et ce fut longtemps le choix sensé. C'est aujourd'hui surtout une contrainte : un appareil de plus à recharger chaque soir, un objet de plus à surveiller, un objet de plus à rendre avant le vol, et une batterie partagée qui meurt à seize heures pour celui qui la porte.
Acheter une SIM physique à l'aéroport fonctionne aussi, mais cela implique de faire la file après un très long vol, de retirer votre SIM canadienne et de garder l'aiguille du tiroir en lieu sûr. Une eSIM installée à la maison évite tout cela et fonctionne avant même l'immigration.
À qui cela convient
Aux primo-visiteurs qui font Tokyo, Kyoto et Osaka et vivront dans les itinéraires de transport. À ceux qui ont un pass ferroviaire et des correspondances serrées. Aux voyageurs qui ne lisent pas le japonais et veulent la caméra de traduction en permanence. Aux familles qui se séparent à Shibuya. Et à quiconque a entendu vanter la connectivité japonaise et veut à juste titre s'en servir plutôt que chercher un identifiant Wi-Fi de gare.
Ajuster le forfait à la durée du séjour
Les voyages au Japon sont généralement longs — de dix jours à trois semaines — et souvent plus actifs à la fin qu'au début, une fois qu'on a pris ses repères et commencé les excursions. Choisissez un forfait qui dépasse votre départ plutôt qu'un forfait expirant le dernier matin : le trajet vers Narita ou Haneda est précisément le moment où l'on veut les horaires de train en direct.
Installez à la maison en Wi-Fi avant de partir. Le profil reste en veille jusqu'à sa première connexion à un réseau japonais : le compte à rebours démarre à l'atterrissage et non à l'achat, et vous évitez toute configuration après douze heures de vol.
Questions fréquentes
Aurai-je du signal dans le shinkansen et le métro de Tokyo ?
Oui, dans les deux, y compris sous terre dans le métro et dans la plupart des tunnels du shinkansen. Le Japon a beaucoup investi dans la couverture des tunnels et du métro, d'où la confiance des voyageurs en déplacement.
Combien de données pour deux semaines au Japon ?
Plus que pour un séjour balnéaire : prévoyez 8 Go ou davantage, ou optez pour l'illimité. Navigation, traduction et vérifications constantes font du Japon l'une des destinations les plus gourmandes malgré son apparence tranquille.
Le Wi-Fi de poche est-il plus avantageux ?
Rarement aujourd'hui. C'est un second appareil à recharger, transporter et rendre, sa batterie doit tenir pour tous ceux qui le partagent, et il cesse d'être utile dès que le groupe se sépare. Une eSIM est déjà sur le téléphone que vous avez en poche.
Puis-je recharger une carte Suica depuis le portefeuille de mon téléphone ?
Oui, et c'est l'un des meilleurs arguments pour avoir ses propres données. La recharge exige une connexion, et découvrir un solde vide devant un portillon bondé est un mauvais moment pour l'apprendre.